Slow Food appelle à ce que les nouveaux OGM restent strictement réglementés et clairement étiquetés !  

Aujourd’hui plus de 35 organisations lancent une campagne pan-Européenne

Le 12 avril, Slow Food, en collaboration avec plus de 35 organisations de toute l’Europe, lance une pétition adressée aux décideurs politiques nationaux et aux députés européens afin qu’ils prennent position contre le projet de la Commission européenne de déréglementer les nouveaux organismes génétiquement modifiés (nouveaux OGM). Slow Food international fait campagne aux côtés de plusieurs de ses bureaux régionaux et nationaux, à savoir Slow Food Europe,  Slow Food Nederland et Slow Food Italie.    

“Il est essentiel que les Européens comprennent ce qui est en jeu : au rythme où vont les discussions entre nos dirigeants européens, nous risquons que l’étiquetage des nouveaux OGM ne soit plus obligatoire. Cela serait en totale contradiction avec les engagements pris par l’UE pour donner aux citoyens les moyens de faire des choix alimentaires durables grâce à une meilleure transparence. Nous ne demandons pas l’interdiction des nouveaux OGM : nous demandons simplement que les règles en place pour garantir notre sécurité, notre liberté de choisir et protéger notre planète soient appliquées. Nous nous tournons vers nos ministres et députés européens pour qu’ils écoutent leurs citoyens ! “, commente Madeleine Coste, chargée de mission à Slow Food Europe.   

  

Depuis des années, les lobbies et les entreprises agroalimentaires tentent de convaincre les institutions européennes d’exclure les nouveaux OGM de la réglementation européenne actuelle sur les OGM, ce qui signifie qu’ils pourraient ne plus être tracés et étiquetés, et que les risques éventuels ne soient plus évalués. En d’autres termes, les agriculteurs, les producteurs alimentaires, les détaillants et les consommateurs ne seraient plus en mesure de rejeter les produits génétiquement modifiés et d’opter pour des produits sans OGM.   

  

Malheureusement, la Commission européenne tombe dans le piège et veut faciliter le développement et la commercialisation de nouveaux OGM par l’industrie agro-biotechnologique. En 2020, la Commission a publié une étude qui montre sa volonté claire d’explorer la possibilité de déréglementer les nouveaux OGM. Plusieurs pays européens semblent également être en faveur de l’ouverture de cette porte.   

  

Alors que la Commission européenne prévoit de soumettre une proposition visant à réglementer les nouveaux OGM (“nouvelles techniques génomiques”) dans les mois à venir, nous appelons chaque citoyen de l’UE à signer notre pétition pour inciter les décideurs européens et nationaux à adopter une position ferme contre toute tentative d’exclure les nouveaux OGM de la législation européenne existante sur les OGM. En effet, une fois que la Commission européenne aura fait sa proposition de nouvelle législation, les États membres et le Parlement européen auront le pouvoir d’adopter ou de rejeter la proposition. 

La pétition à signer est en ligne ici 

  

C’est une occasion importante pour les citoyens de faire entendre leur voix sur la scène européenne, sur un sujet qui aura un impact direct sur leur vie quotidienne. Nous devons nous mobiliser contre le projet de l’agrobusiness qui vise à se débarrasser des règles d’étiquetage et à réduire les contrôles de sécurité.  La mise en place de ces processus permet aux consommateurs de conserver leur droit de prendre des décisions éclairées sur les aliments qu’ils consomment, et aux agriculteurs, éleveurs et transformateurs de produits alimentaires de savoir si un produit est un OGM ou contient des ingrédients génétiquement modifiés.   

  

  

Informations générales  

  

Pourquoi la Commission européenne veut-elle déréglementer les nouveaux OGM ?  

Depuis des décennies, on dit aux agriculteurs et aux citoyens que les organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent aider à lutter contre les effets du changement climatique sur l’agriculture. Selon l’industrie de la biotechnologie agricole, le génie génétique des gènes des plantes, des animaux et d’autres organismes vivants va révolutionner la façon dont l’agriculture est pratiquée et permettre aux agriculteurs de cultiver des plantes dotées de nouvelles caractéristiques pour se défendre contre les effets du changement climatique. Une nouvelle génération d’OGM est en cours de développement et risque de se retrouver dans nos assiettes. Ces “nouveaux OGM” sont présentés par l’industrie comme étant simplement des techniques modernes de sélection des plantes, mais il s’agit d’une déformation grossière de la réalité. La Commission européenne tombe dans le piège, et veut faciliter le développement et la commercialisation de nouveaux OGM par l’industrie agro-biotechnologique !    

  

La déréglementation des nouveaux OGM rendra-t-elle le système alimentaire de l’UE durable ?   

Dans un rapport publié en avril 2020, la Commission européenne affirme que les nouveaux OGM pourraient contribuer à la durabilité et devraient donc être exemptés des lois européennes sur les OGM. Cependant, cette affirmation n’est pas étayée et repose sur des promesses invérifiables des développeurs d’OGM et des groupes de pression associés.  De plus, l’agriculture GM favorise le développement de monocultures intensives, et ne s’attaque en aucun cas aux causes profondes des systèmes alimentaires non durables. Slow Food a une position de longue date contre les OGM en raison des risques qu’ils présentent pour la biodiversité, des menaces qu’ils font peser sur les moyens de subsistance des petits agriculteurs, et du fait qu’ils sont incompatibles avec un système agricole basé sur l’agroécologie.   

  

Pourrai-je continuer à choisir des aliments sans OGM s’ils sont déréglementés ?   

En 2018, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé que les nouveaux OGM relevaient du champ d’application de la législation de l’UE sur les OGM de 2001, suivant le principe de précaution. Cela signifie qu’ils sont soumis à l’autorisation de l’UE, à l’évaluation des risques, à l’étiquetage et à la traçabilité des OGM pour garantir aux agriculteurs, aux producteurs de denrées alimentaires et aux consommateurs le droit de savoir si un produit alimentaire contient ou non des organismes génétiquement modifiés. Pourtant, la Commission européenne veut maintenant modifier la loi pour exclure certains OGM de la réglementation européenne sur les OGM, ce qui signifie que ces règles ne s’appliqueraient plus et que l’étiquetage des nouveaux OGM pourrait ne plus être obligatoire. Cela signifierait que les agriculteurs, les producteurs de denrées alimentaires, les détaillants et les consommateurs ne peuvent plus rejeter les produits génétiquement modifiés et opter pour des choix sans OGM.  

Pour en savoir plus: 

Réponse conjointe au rapport de la Commission européenne sur les nouveaux OGM (2021) (en anglais) 

Note de synthèse : Document de travail de la Commission européenne sur les “nouvelles techniques génomiques” (2021)  

Podcast Slow Food “Que se passe-t-il avec les nouveaux OGM en Europe ?” (2021) (en anglais) 

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