Pas de réduction des quantités de cadmium dans les fertilisants : l’environnement et la santé des citoyens européens sont en jeu

Slow Food appelle les gouvernements européens à éviter de rallier les intérêts financiers qui menacent la santé des populations

Hier, le 23 novembre, les États membres ne sont pas parvenus à un accord sur la proposition de la Commission de réduire la quantité de cadmium dans les fertilisants. Cette proposition présente un plan visant à réduire la teneur autorisée de ce métal toxique dans les engrais, en fixant un premier seuil à 60 mg/kg, puis à 40 mg/kg trois ans plus tard, et enfin 20 mg après 12 ans. Contrairement à la proposition ferme de la Commission et au soutien du Parlement en faveur de la réduction progressive du cadmium, les gouvernements européens ont adopté une position beaucoup plus conservatrice sur la question.

Plusieurs groupes industriels ont tenté depuis le début de mettre à mal le seuil de 20 mg et de le repousser à 60 mg, ce qui aurait considérablement aggravé la situation en augmentant la concentration de cadmium dans nos sols. Les détracteurs estiment trop élevés les coûts d’une réduction de la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés. Cette question fait pourtant l’objet d’un débat depuis 2003 et il existe des technologies en place dans certains pays comme le Maroc, la Tunisie et le Togo (qui comptent parmi les premiers producteurs d’engrais minéraux) afin d’abaisser les seuils de métaux lourds dans les roches phosphatées.

Le cadmium* est un métal lourd présent en grandes quantités dans les engrais phosphatés utilisés pour l’agriculture à travers l’Europe, mais sa présence n’est pas utile pour les végétaux et s’avère dangereuse pour l’homme et l’environnement. Cette substance est reconnue comme cancérogène par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer). La réticence des gouvernements européens à réduire notre exposition à cette substance toxique met en danger notre santé, celle de la planète et la qualité de nos produits alimentaires.

« Le cadmium présente plusieurs problèmes critiques », explique Francesco Sottile, professeur en croissance arboricole et en arboriculture à l’université de Palerme et conseiller national de Slow Food Italie. « En plus d’être cancérogène pour l’homme, il a un impact sur l’activité microbienne et provoque la réduction de la fertilité des sols. Il est aussi fortement rémanent, se maintient dans les sols et contamine les aquifères. Cela signifie que les eaux utilisées pour l’irrigation ou dans les lieux publics, contaminées par une forte teneur en cadmium, ne font qu’empirer l’état du sol et de l’environnement dans lequel nous vivons. La solution est de choisir des modèles de production agroécologiques qui n’impliquent pas l’utilisation de fertilisants de synthèse, et donc la contamination au cadmium ».

C’est précisément ce modèle agroécologique que Slow Food a toujours défendu dans ses projets à travers le monde : l’agroécologie est fondée sur la conservation, la gestion des ressources agricoles par le biais de la participation, de la connaissance traditionnelle et de l’adaptation aux conditions locales. Si l’utilisation du terme « agroécologie » dans son acception scientifique remonte au début des années 1970, de nombreuses solutions agroécologiques ont été appliquées à travers les âges par les communautés rurales du monde entier.

* Pus d’informations sur le cadmium :

  • Le cadmium est considéré comme cancérogène pour l’homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Une exposition prolongée à ce métal lourd a des conséquences sur le fonctionnement des poumons et des reins, et peut entraîner des maladies cardiovasculaires, favoriser l’apparition d’ostéoporose, et réduire la fertilité.
  • Dans une étude récente, près de 13 hectares de terres agricoles sondées et près de 23 hectares de pâturages contenaient de forts taux de cadmium. ( ).
  • Le cadmium est classé par l’UE comme une substance toxique pour l’eau et les organismes aquatiques.
  • L’Organisation mondiale de la santé estime la dose mensuelle tolérable de cadmium à 25 mg/kg de poids corporel. Une étude française révèle pourtant qu’environ 910 000 adultes excèdent ce seuil de 90 %. Le pain, les pommes de terre et les fruits de mer présentent de forts taux de cadmium.

 

 


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