Une conversation avec Marie-Monique Robin : la seule option c’est l’optimisme

Marie-Monique Robin n’aime pas s’en tenir à des sujets confortables. Cette dame infatigable, avec 25 ans d’expérience, en tant que journaliste d’investigation a produit une gamme impressionnante de livres, de reportages et de documentaires percutants.

The World According to Monsanto est l’un de ses livres et documentaires les plus célèbres.

Nous l’avons rencontrée lors du Forum européen de l’agriculture et de l’alimentation, organisé par le Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food), pour lui poser quelques questions.

Les donnés sur l’utilisation des insecticides, pesticides, nitrates, etc, sont très hautes en toute Europe. On sait aussi qu’il y a la fusion Bayer-Monsanto et que tous ces produits sont très mauvais pour la santé humaine. Est-ce que ça est en train de changer, c’est-à-dire le montant de produits chimiques qui sont utilisés aujourd’hui, et il y a des pays qui sont en train de faire autrement ?

Malheureusement ça ne bouge pas beaucoup. L’utilisation des pesticides malheureusement ne baisse pas, pas du tout, en Europe et dans tout le reste du monde. Ça est très inquiétant, d’abord pour la biodiversité. On sait, par exemple, que les herbicides ou les insecticides sont responsable de la disparition des insectes : l’80% des insectes ont disparu en Europe. Et aussi pour la biodiversité en générale. C’est très inquiétant pour la santé des Européens. Il y a beaucoup des malades, gens avec des cancers, des maladies dégénératives, problèmes de stérilité, diabète…tout ça est du à ces produits chimiques qui contaminent la chaine alimentaire. Donc c’est assez frappant de voir la différence entre, d’un coté, les citoyens européens qui sont de plus en plus conscientes qu’il faut changer le mode alimentaire et, de l’autre, les politiques qui sont soumis toujours à la pression des lobbies. Il faut continuer, nous même, de faire pression pour que le politiques prennent des mesures qui protéger à la fois les citoyens et la biodiversité.

Et dans le cas des OGM, quel est la situation et l’évolution à votre avis?

Vous savez, en Europe nous n’avons pas trop la culture des OGM, à l’exception de l’Espagne. On importe beaucoup d’OGMs arrosés de RoundUp, de l’Amérique du Nord et du Sud des animaux des élevages intensives et ça est aussi inquiétant pour la santé des animaux et de tous nous, qui mangions de la viande des animaux nourris avec Ogms. Aussi là bas c’est pareille, il y a une différence entre la prise de conscience des citoyens qui mangent progressivement moins de viande et les politiques qui continuent de nier tout ça.

Quel est le rôle que peux avoir le consommateur ?

Le consommateur est très important parce-que, comment j’ai vu aussi en France, à petit à petit, avec tous les information que nous avons apporté (le livre, le film, etc), les consommateurs disent « nous voulons contrôler le contenu de l’assiette, nous voulons des animaux de qualité, bio et locaux ». Ils sont inquiets et ils ont raisons. Donc les consommateurs doivent continuer à encourager la production d’animaux locaux et bio.

Donc il y a de l’espoir?

Il faut garder le pessimisme pour les jours meilleurs. On n’a pas le choix. C’est trop tard pour être pessimiste. La seule option c’est l’optimisme : en espérant on va gagner !

Quoi vous pensez du travaille et des mouvements comme Slow Food ?

Ils sont important toutes les initiatives et associations qui vont dans la même direction. Il sont très important pour sensibiliser la population. On espère qui soient nombreux et ils vont se fondre, pour faire que l’agriculture biologique triomphe partout.

Quels sont vos prochaines projets ?

Je ferais un film sur le Roundup, et aussi un livre. Et après un nouveau documentaire sur les économies social et solidaires.

 

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