Slow Food : 30 années de projets dans le monde entier

19 Nov 2019

 

 width=La campagne internationale célébrant le Manifeste Slow Food, signé à Paris en décembre 1989, est lancée : l’occasion de parler des nombreux objectifs atteints et des défis à venir.

 

Trente années sont passées depuis ce week-end de décembre 1989, durant lequel les délégués représentant 15 pays du monde se sont retrouvés à Paris pour signer le Manifeste Slow Food, un acte qui a marqué formellement la naissance du mouvement international à l’escargot, jusqu’alors propre au territoire italien. Aujourd’hui, le drapeau de Slow Food flotte dans 160 pays du monde et le mouvement peut compter sur plus d’un million de membres, de volontaires, de militants.

 

« Nous avons pensé à cette campagne parce qu’il nous semblait juste de fêter un anniversaire aussi important, mais surtout parce que ces trente années nous offrent l’opportunité de raconter à tous ce que nous sommes parvenus à faire, combien le monde de l’alimentation a changé grâce à Slow Food. Et ce récit, qui nous l’espérons touchera de nombreuses personnes, n’est qu’un premier pas vers l’avenir : l’année 2020 sera riche en moments fondamentaux pour l’histoire du mouvement. Une décennie commence, durant laquelle toute la communauté humaine sera appelée à réaliser la transformation nécessaire pour sauver notre espèce de l’extinction, » commente Carlo Petrini, président de Slow Food.

 

Avec la campagne internationale du Trentenaire du Manifeste Slow Food – Notre nourriture, notre planète, notre futur (https://www.30ym.slowfood.com/fr/), du 1er au 10 décembre, le réseau de Slow Food transformera cette fête en centaines d’évènements dans le monde entier, ouverts non seulement aux adhérents du mouvement, mais aussi à tous ceux qui ont parcouru un bout de chemin avec l’escargot et à ceux qui veulent nous rejoindre pour le chemin qu’il reste à faire. « Par ces initiatives, nous voulons regarder vers l’avenir, pas seulement celui de Slow Food, mais aussi celui de l’alimentation et de la vie même de la planète, poursuit Eddie Mukiibi, représentant du comité exécutif international de Slow Food. Le dernier Congrès international de Slow Food, qui a eu lieu à l’automne 2017 à Chengdu (Chine), a placé en tête de nos priorités la lutte pour assurer à tous l’accès à une nourriture bonne, propre et juste. Le chemin à parcourir pour garantir ce droit est encore long et tortueux et nous ne pourrons arriver au bout qu’en l’arpentant nombreux. Nombreux, mais organisés en communautés : il faut unir nos forces, il faut des alliances, et c’est pour cela que nous aimons aujourd’hui décrire Slow Food comme un réseau mondial de communautés locales. »

 

C’est justement des communautés locales que nous viennent les premières histoires témoignant du parcours de l’escargot jusqu’à aujourd’hui et les nouveaux projets naissants. « En plus de contribuer à l’éducation alimentaire pour les jeunes générations, les Jardins en Afrique ont permis une recrudescence des inscriptions dans les écoles : les enfants sont revenus stimulés par la possibilité d’apprendre à cultiver leur nourriture et de l’avoir à disposition pour leur famille, » raconte Manvester Ackson, coordinateur Slow Food au Malawi. Grâce au projet des 10 000 Jardins en Afrique, le pays a vu la création de 30 jardins communautaires, impliquant environ 10 600 personnes.

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Jardins Slow Food au Malawi

« Le premier Marché de la Terre vénitien, créé par le Convivium Slow Food Garda Veronese en 2018, implique 50 artisans de bouche qui présentent leurs produits locaux, en animant la place des odeurs, traditions et couleurs de leur territoire, » racontent Cristina Piazza et Flavio Marchesini, responsables du Marché. Et ce n’est pas tout : Pour réchauffer les mois d’hiver, une cheffe locale préparera également des plats issus des produits du marché à l’Osteria del Mercato. » En définitive, comme le veut la tradition, un Marché de la Terre qui dépasse la simple vente de fruits et légumes, et offre à tous la possibilité de participer à des ateliers pour petits et grands, de connaître la biodiversité du territoire et de trouver des produits bons, propres et justes.

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Chef Igor Stojanovic. © Mauro La Martina

Terminons avec une histoire d’intégration et de nourriture : Igor Stojanovic est un chef rom originaire de Serbie, qui a ouvert son restaurant chez lui, en Italie. Il symbolise concrètement la capacité de la nourriture à devenir un véritable instrument politique pour abattre les frontières et rapprocher les cultures. « Je dois admettre qu’avant de connaître Slow Food, j’étais bien moins attentif aux étiquettes, à l’origine des produits et à leur valeur. En participant activement aux projets de l’escargot, j’ai toutefois compris l’importance de valoriser nos racines gastronomiques pour faire connaître et goûter une nourriture bonne, propre et juste pour tous. »

 

Durant ces 30 années, Slow Food a recensé plus de 5000 produits en voie de disparition sur l’Arche du Goût, contribuant ainsi à braquer les projecteurs médiatiques et politiques sur la biodiversité ; le mouvement a mis sur pied presque 4000 Jardins en Afrique, favorisant concrètement l’accès à la nourriture et la réhabilitation de pratiques agronomiques durables et de variétés végétales locales sur le continent où l’on rencontre aujourd’hui encore les plus grandes injustices sociales ; il a impliqué des centaines de milliers d’enfants dans des projets d’éducation alimentaire et du goût ; il a contribué à améliorer les politiques agricoles et alimentaires aux quatre coins de la planète ; il a construit un nouveau récit autour de la nourriture et de sa production ; il a combattu la dérive mortelle issue du mélange entre spéculation financière et mondialisation sauvage, qui a transformé l’acte vital et sacré de la nutrition en un acte de pure consommation, sans plus de respect pour notre santé, pour l’environnement, pour les droits de qui produit notre nourriture et pour le plaisir qui devrait être physiologiquement lié à l’acte de se nourrir.

 

Tant de défis relevés, mais aussi tant de choses encore à faire. Les célébrations du trentenaire seront donc tournées vers l’avenir. Avec les fonds récoltés durant toutes les initiatives de la campagne Trentenaire du Manifeste Slow Food, Slow Food financera une partie de son ambitieux programme de travail pour 2020 : faire monter 600 nouveaux passagers à bord de l’Arche du Goût, créer 30 nouvelles Sentinelles Slow Food, 300 nouveaux Jardins en Afrique et 15 nouveaux Marchés de la Terre. « Soutenez nos projets et cherchez l’évènement le plus proche de chez vous, nous vous attendons pour fêter nos 30 premières années ! » conclue Eddie Mukiibi.

 

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