Séminaire Slow Food Paris-Région à la Sorbonne pour Terra Madre 2020

26 Oct 2020

Dans le cadre du Séminaire hebdomadaire du Master « Alimentation et cultures alimentaires », les étudiant-es Gabriella Dañino Martinez (membre de Slow Food au Pérou et en France), Caroline Casas, Clara Chiaradia et Guillaume Cara ont invité Bastien Beaufort, Co-Président de Slow Food Paris-Région et directeur adjoint de GUAYAPI à l’Institut de Géographie de l’Université Paris-Sorbonne le 15 Octobre dernier.

A l’occasion de Terra Madre Salone del Gusto 2020, Bastien Beaufort, Gabriella Dañino et les étudiants ont échangé autour del’approche de Slow Food sur la biodiversité alimentaire ainsi que sur les outils de protection et de valorisation des patrimoines gastronomiques et écologiques, afin d’aller au-delà du locavorisme et de considérer une vision holistique de l’alimentation.

 width=La conférence s’ouvre sur un échange direct avec les étudiants et leurs définitions de la consommation locale. Que cela représente un rayon de moins de 160 kilomètres de proximité, un acte de revendication écologique, d’apporter un soutien aux agriculteurs en favorisant les circuits courts, ainsi que de consommer des produits bruts et de saisons, les réponses sont diverses et relatives.

Pour Slow Food cependant, Bastien Beaufort rappelle qu’une distance courte n’est pas absolument nécessaire. En effet, il ne s’agit pas uniquement de consommer local au sens d’aliments produits uniquement chez soi, mais plutôt, aussi, de s’intéresser aux circuits et filières courtes, au lien direct co-producteur / producteur, à la saisonnalité, et de consommer des produits issues d’une agriculture Bonne, Propre et Juste dans une perspective de solidarité internationale globale.

Dans une seconde partie, Bastien Beaufort présente sa thèse sur une géographie de la mondialisation des végétaux en s’intéressant plus particulièrement à l’Amazonie. Il rappelle que l’Amazonie, souvent considéré comme une région sauvage est en réalité le berceau de domestication de nombreuses plantes présente dans nos vies quotidiennes à l’échelle globale, comme le tabac ou le cacao.

Ainsi, comment des plantes autrefois produite et consommées à une échelle locale deviennent disponible à une échelle planétaire ? L’arrivé de Christophe Colomb en 1492 initie l’invention de la monoculture, c’est à dire la mise en place de la transformation d’écosystèmes par un végétal exotique à l’aide d’une main d’œuvre étrangère. Les puissances coloniales transforment les écosystèmes à l’aide du commerce triangulaire ce qui mène à la mort de 90% des populations amérindiennes autochtones.

Le début de la transformation de plantes active par des puissances coloniales mènent à une mondialisation qui favorise des inégalités colossales et créer un monde eurocentré.

Bastien Beaufort, choisit l’exemple du Guarana, une plante d’Amazonie aux effets dynamisant, similaires à la caféine. Cette plante qui est une liane forestière à été domestiquée il y à deux à trois millénaires par les Indiens Sateré Mawé, une population autochtone d’Amazonie qui dans leur langue l’appellent Waranà. Elle représente l’objet d’une convoitise internationale par des multinationales telles que Pepsi, Coca-Cola ou encore Red Bull qui l’utilisent. Le marché autour du Guarana est estimé entre quatre à sept milliard de dollars. Cependant, ce marché est à 99% illégal, car, la loi de 1992 sur la biodiversité biologique oblige le partage de bénéfices avec les populations autochtones.

L’exemple du Guarana illustre parfaitement les principes de Slow Food. Bastien Beaufort conclu cette conférence en présentant le mouvement Slow Food aux étudiants, à travers l’explication des Sentinelles et de L’Arche du Goût qui se battent pour la protection des aliments en voie d’extinction à cause de l’industrialisation.

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Guarana by Guayapi

Le Guarana représente une plante en danger à cause de multinationales, mais, représente également l’action Slow Food à l’international. Le but étant de protéger des produits en assurant un partage juste avec la population Sateré Mawé en s’appuyant sur le savoir-faire et le principe des connaissances des autochtones. C’est pourquoi le Waranà a été élu Sentinelle du mouvement Slow Food en 2001 pour protéger la banque génétique du Waranà sauvage et les savoirs et savoirs-faire associés des Indiens Sateré Mawé.

La présentation se conclut sur un ensemble de questions / réponses, qui aborderont notamment le thème du gaspillage alimentaire. Bastien Beaufort rappelle ainsi que la loi contre le gaspillage alimentaire en France, adoptée en 2014 avec la participation du mouvement anti-gaspillage Disco Soupe, permet aujourd’hui de récupérer facilement de la nourriture auprès des distributeurs lorsque l’on est organisé en associations. Slow Food peut aussi accompagner ce processus !

 

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