Ne dévorons plus le climat !

19 Nov 2015

D’ici quelques jours, les gouvernements du monde entier se réuniront à Paris pour discuter du changement climatique. Après plus de 20 ans de débats, de médiations et de forums stériles, la conférence de Paris (COP 21) tentera de conclure, pour la première fois, un accord contraignant et universel.

Ne_devorons_plus_le_climatToutefois, le terme « agriculture » est totalement absent des 54 pages du texte des négociations, malgré de nombreuses références au thème de la sécurité alimentaire. Pour Slow Food, c’est une grave erreur.

L’absence de ce terme revient à reléguer en marge de la discussion une question au contraire centrale, à savoir le rapport entre alimentation et climat. Suivant le système de référence, l’agriculture, l’élevage et la production de nourriture peuvent représenter plusieurs choses : à la fois l’une des principales causes du changement climatique, à la fois l’une de ses principales victimes ou encore l’une des solutions possibles. Le fait que toute l’attention ne soit dirigée que sur les secteurs de l’énergie, de l’industrie lourde et des transports est une négation du rôle clé de l’agriculture.

C’est pour cette raison que Slow Food destine aux représentants des pays et des institutions internationales réunis à Paris son appel « Ne dévorons plus le climat« , afin que l’agriculture soit mise au centre du débat.

Cet appel est le fruit d’une nécessité : celle de souligner comment parvenir à atténuer le réchauffement climatique à travers un changement radical de paradigme au sein du système actuel de production, de transformation, de distribution, de consommation et d’élimination de la nourriture.

Par ailleurs, à la lumière des récents attentats terroristes et de la décision des autorités publiques qui s’est ensuivie d’annuler la Marche pour le Climat prévue le 29 novembre, Slow Food soutient, à travers son Président International Carlo Petrini, la pétition de la société civile de ne pas céder à la peur et de pouvoir exprimer, par la mobilisation du peuple sur la place publique, l’exigence de lutter contre l’injustice, la pauvreté, l’inégalité et le désastre écologique, causés en partie par le changement climatique qui est au centre des discussions de la COP 21.

Il est de plus en plus urgent de restituer sa valeur à la nourriture, en réduisant le gaspillage, en promouvant des pratiques agroécologiques et en encourageant les filières courtes.

Si le modèle agroalimentaire industriel moderne (fondé sur l’utilisation croissante des dérivés du pétrole, la production à grande échelle et l’exploitation aveugle des ressources naturelles) continue à prévaloir, il ne sera non seulement plus possible d’inverser la tendance, mais on accentuera encore la hausse de la température moyenne, qui d’après le 5e Rapport du GIEC a déjà enregistré sur le siècle dernier une hausse de 0,85°C.

Le modèle agroalimentaire industriel moderne est fondé sur une idée de croissance infinie avec des ressources planétaires qui ne le sont pas. Mettre cette donnée en regard des chiffres de la population mondiale, destinée à atteindre les 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050, est l’un des défis les plus importants qui s’impose à nous. À travers cet appel, que Slow Food vous invite tous à signer, nous demandons que le rôle décisif du système alimentaire soit sérieusement considéré et que les pays et institutions réunis à Paris promeuvent des politiques internationales efficaces, destinées à changer radicalement le système actuel.

Téléchargez l’appel Ne dévorons plus le climat.
Signez-le vous aussi et faisons entendre notre voix.
Cliquez ici pour voir qui a déjà signé l’appel.

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