Meat the Change: Eric Sanceau, un éleveur Slow qui se bat pour la durabilité et les races locales

01 Avr 2020

Sur sa ferme près de Rambouillet (France), les animaux écoutent de la musique classique sont au paturages la majeure partie de l’année.

La première chose que l’on remarque à la ferme de La Petite Hogue, près d’Auffargis, dans les Yvelines, ce sont les chevaux : ils sont beaux, avec un pelage très brillant et une vivacité extraordinaire, ils courent à travers les prairies qui leurs sont consacrées. Mais bien sûr, il n’y a pas que des chevaux. Depuis plus de 30 ans, Eric Sanceau, ancien cavalier professionnel de niveau international, gère sa ferme, non loin de la ville de Rambouillet, et élève d’autres animaux. Le cœur de son activité n’en est qu’un : la durabilité, qui passe par le respect des animaux et de l’environnement qui les accueille.

Dans le cadre de la campagne Meat the Change, menée avec l’aide du Ministère italien de l’Environnement et de la Protection de la Terre et de la Mer, il nous raconte son histoire et sa manière d’être Slow.

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Quand votre entreprise a-t-elle vu le jour ? Combien de personnes travaillent dans l’entreprise ?

Nous avons commencé en 1989 et aujourd’hui nous sommes trois à travailler sur la partie élevage. Dans le passé, j’ai travaillé comme cavalier professionnel, mais après quelques accidents et diverses opérations du genou, j’ai choisi de quitter le monde du sport pour me consacrer à l’élevage de chevaux, d’abord, puis lentement d’autres animaux. Quand nous sommes arrivés dans cette région, il y avait surtout des sols peu fertiles en raison de la culture intensive des céréales. Au fil du temps, nous avons planté 130 000 arbres, 15 kilomètres de haies et redonné vie au sol et aux champs. Comme il y avait beaucoup d’espace, nous avons commencé à accueillir quelques ruches, puis des moutons, des poulets, puis des vaches des fermiers voisins, qui avaient peu de pâturages, jusqu’à ce que nous commencions à avoir notre propre bétail. Nous avons compris presque immédiatement que si nous voulions de la qualité, nous devions la produire directement à la ferme. Pour l’élevage, comme pour tout : soit vous le faites bien…. soit vous ne le faites pas !

 width=Quelles races élevez-vous et pourquoi ?

Je déteste la standardisation et, surtout, en matière de qualité, je ne peux m’empêcher de penser aux races anciennes et autochtones, non seulement parce qu’elles s’adaptent mieux au territoire où elles vivent, mais aussi parce qu’elles sont beaucoup plus appréciées des chefs pour la qualité de leurs produits et, bien sûr, de leur viande. Nous élevons de nombreuses races anciennes. Les plus nombreuses sont celles des vaches : j’ai commencé avec 14 races différentes, mais maintenant je n’en ai plus que 8-9, car j’ai choisi celles qui sont les plus adaptées au territoire. Parmi ces races, la Saosnoise, une espèce rustique de la Sarthe qui pousse très lentement mais peut peser jusqu’à 1 tonne ; le Simmental de Baviere ; le Parthenais ; l’Aubrac ; le Limousin, le Charolais ; l’Angus, le Highland et l’Auroch. Parmi les porcs, nous élevons la race Mangalica, le Porc Noir Gascon et le Porc de Bayeux. Enfin, entre la volaille, le Houdan (https://www.fondazioneslowfood.com/it/arca-del-gusto-slow-food/gallina-di-houdan/) et les Marans (https://www.fondazioneslowfood.com/it/arca-del-gusto-slow-food/gallina-marans/), presque éteints, tous deux à bord de l’Arche du Goût, et l’Ayam Cemani, une race originaire d’Indonésie.

Quel type d’élevage faites-vous ?

J’ai commencé avec les chevaux, mais je me suis rendu compte que la même technique d’élevage pouvait être utilisée pour d’autres animaux. J’ai acheté les premiers animaux il y a une dizaine d’années : c’était une décision naturelle, car nous avons des grandes prairies idéales pour le bétail, des sols humides et riches, surtout avec tous les arbres et les haies que j’ai replantés. Je veux garantir à mes 150 animaux la meilleure vie possible : ils passent une bonne partie de la journée à l’extérieur et dans l’étable, très grande, à écouter de la musique classique, ils se nourrissent sans limite du foin et de l’herbe produits à la ferme sur des pâturages naturels soigneusement cultivés en rotation, assurant une grande qualité nutritionnelle. Nous n’utilisons pas d’antibiotiques. Et tout cela jusqu’au bout : je suis membre de l’AFAAD (Association en Faveur de l’Abattage des Animaux dans la Dignité) qui lutte pour une fin de vie sans souffrance et sans stress.

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Quelle est l’importance de la synergie entre l’agriculture et l’élevage ?

La synergie entre l’élevage et l’agriculture est fondamentale. Les 150 hectares de terres que nous gérons ne seraient pas les mêmes sans la présence des animaux : tout d’abord, ils fournissent, à travers leur fumier, tout ce qui est nécessaire pour que le sol soit riche et fertile. Nous n’utilisons aucun engrais chimique grâce aux animaux. Nous utilisons un type de pâturage dynamique, c’est-à-dire que nous laissons les animaux avoir toujours accès aux pâturages, mais nous laissons la terre se reposer grâce aux rotations, et avec le fumier des animaux qui fertilise la terre nous avons aussi du foin de haute qualité.

Les consommateurs comprennent-ils la valeur ajoutée d’une ferme comme la vôtre ? Ils vous posent des questions ? Si oui, lesquelles ?

Oui, les consommateurs l’aiment beaucoup. Pour la vente de la viande, nous travaillons avec de nombreux chefs étoilés, mais aussi avec quelques détaillants locaux. Un de mes collaborateurs est Laurent Gherardi. Mécène du Leclerc de Rambouillet, cet ancien chef fait office d’intermédiaire auprès des grands chefs et soutient 140 producteurs locaux en proposant leurs produits. De plus, la ferme est toujours ouverte au public, pour que les gens puissent venir quand ils veulent nous poser des questions ou acheter de la viande de qualité. Je veux vraiment m’assurer que les consommateurs se sentent à l’aise et veulent revenir : un produit de qualité ne doit pas nécessairement avoir un prix inabordable, ce qui est important pour encourager les consommateurs à faire des choix informés. De plus, nous organisons parfois de petites manifestations, dont l’une des dernières était consacrée à la sensibilisation à l’utilisation de toutes les parties de l’animal.

Et toi, à quel point es-tu Slow ? Découvrez-le maintenant !

 

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