L’Afrique à Terra Madre Burkina Faso

15 Fév 2017

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« Terra Madre Burkina Faso a fait naître la joie dans le cœur des Burkinabés », commence Yacouba Sawadogo, agriculteur burkinabé, plus connu comme étant l’homme qui a arrêté le désert et apporté ses produits du village de Gourga à Ouagadougou. « Je veux remercier personnellement Slow Food, car le mouvement a permis de changer de nombreuses choses au Burkina, à travers ses projets et ses campagnes de sensibilisation : par le passé, la population avait peu de considération pour les produits locaux, mais elle a commencé à les apprécier et à les cultiver de nouveau. Grâce aux études et aux recherches menées par Slow Food pour protéger la souveraineté alimentaire dans le pays, on se sent plus fort pour mener son projet le plus loin possible. J’espère que cette édition de la manifestation sera la première d’une longue série ! »

Et Terra Madre Burkina Faso, évènement organisé par Slow Food et la Fondation Slow Food pour la Biodiversité dans le cadre de l’initiative Fondazioni For Africa Burkina Faso les 3 et 4 février à Ouagadougou, capitale du pays, a permis à de nombreux petits producteurs de se retrouver et de s’unir, tous fiers de pouvoir montrer les produits de leur terre, cultivés grâce aux connaissances traditionnelles qu’ils se transmettent de génération en génération.

L’évènement a été une occasion unique de discuter directement avec les producteurs locaux, de voir briller leurs yeux quand ils racontent comment on cultive un produit et comment on peut l’utiliser en cuisine. Et même les difficultés linguistiques ont été dépassées, étant donné que de nombreux producteurs parlent seulement le more (la langue officielle du pays, avec le français) ou les dialectes locaux.

Durant les deux jours de l’évènement, le marché de Terra Madre Burkina Faso a accueilli environ trente stands et plus de deux cents délégués venus de tout le pays. Cinq délégations internationales du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Mali, du Nigeria et du Togo se sont également jointes à la manifestation.

Une productrice d’igname (première Sentinelle Slow Food du pays) a préparé une délicieuse sauce piquante rouge pour accompagner son igname frite. « Slow Food a permis de nous faire connaître au niveau national et international. Grâce au soutien de la Sentinelle, nous sommes encore plus convaincues que notre produit doit être protégé et nous sommes fières de continuer à produire l’igname et de transmettre nos connaissances à nos enfants. »

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Les produits présentés sur les stands du marché étaient nombreux. On pouvait retrouver parmi les plus curieux les shitumu, des chenilles vivant sur l’arbre de karité et se nourrissant de ses feuilles, que l’on fait blanchir puis sécher pour être ensuite utilisées comme apéritif ou intégrées à une sauce tomate. On pouvait acheter la chierla, un fruit sec que l’on consomme lors d’un coup de mou, souvent le matin pour faire le plein d’énergie ; les graines de moringa, que l’on donne aux enfants pour leur teneur élevée en vitamines ou en remède contre la tension. On vend aussi les feuilles séchées de la moringa, qui servent d’aromates en cuisine. Et on pouvait aussi trouver les graines de neré sous forme de moutarde ou de soumbala (boulettes) utilisées pour assaisonner du poisson ou de la viande. Les productrices du riz rouge de Comoé (région frontalière de la Côte d’Ivoire), produit récemment devenu Sentinelle Slow Food, ont aussi apporté du beurre de karité et du miel naturel de Comoé Leraba.

Différents jus locaux du département de Komisalga, dans la Région Centre, ont aussi été présentés : du gingembre (très piquant, mais très rafraichissant), au tamarin en passant par le bissap (karkadè).

Deux très belles femmes peules aux tenues colorées du village d’Yrwal (près de la ville burkinabée de Bobo-Dioulasso, dans le sud-ouest du pays) ont apporté plusieurs produits en voie de disparition, dont le fe (fonio), le dema dugum (haricot noir) et le deme (haricot rouge).

Des producteurs venus des départements septentrionaux de Bossou, Bagarè et Yako ont préparé des samsas, des beignets frits à base de farine de haricots : un plat très populaire du Burkina Faso, généralement préparé dans la rue et mangé sur le pouce.

La Côte d’Ivoire a quant à elle présenté de nombreux produits locaux, notamment le Gnan Gnan (de petites aubergines africaines), la Pèssè (noix de cola) et l’Akpi, une petite graine ronde déjà montée à bord de l’Arche du Goût. Et aussi de nombreux légumes, comme ceux des potagers de Watinoma (une communauté proche de la capitale), le miel des producteurs de la Topoa, le riz des productrices des Mogtedo, les arachides et le niebe (une variété africaine du haricot dit cornille) du groupe de femmes Manegre de la ville de Ziniaré, des sauces de tomate et niebe de l’association féminine des productrices de Nerwaya dans le Donsin et, évidemment, de nombreux fruits et du beurre de karité.

« Je suis franchement ravi de cette première édition de Terra Madre Burkina Faso, affirme Jean Marie Koalga, président du Comité organisateur. L’objectif principal était de définir les perspectives et l’avenir de Slow Food au Burkina Faso et de renforcer le réseau, que l’on a pu réunir à Ouagadougou pour la première fois. Les rencontres positives et les compliments reçus pendant et après la manifestation, sont des témoignages forts qui confirment le grand bien que Terra Madre Burkina Faso a fait au réseau international. Merci à Slow Food et aux Fondazioni for Africa Burkina Faso pour cette initiative et pour leur soutien, qui a permis à cette première édition d’être un véritable un succès. »

Barka*, Burkina Faso !

*merci en more, la langue locale

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