Étiquetage de l’origine des produits : la France sur la ligne d’arrivée, l’Italie encore dans les starting-blocks

18 Jan 2017

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Depuis le 1er janvier 2017, la France oblige la mention de l’origine du lait et de la viande sur les étiquettes

Cette mesure est entrée en vigueur en France au premier jour de la nouvelle année. Et elle est pionnière en la matière. Il s’agit d’un dispositif expérimental selon lequel, pour les deux années à venir, les étiquettes devront indiquer le pays d’origine de la viande et du lait contenus dans les produits transformés. L’initiative concerne les produits contenant au moins 8% de viande ou 50% de lait.

La France, déjà à l’avant-garde dans la lutte contre le gaspillage alimentaire (l’Italie se place juste derrière), a transposé un règlement communautaire autorisant les États membres à introduire des lois nationales en matière d’étiquetage obligatoire, dès lors que les citoyens s’y disent favorables.

Pourtant, c’est l’Italie qui s’était fait le promoteur de cette bataille concernant la mention de l’origine sur les étiquettes en demandant, et en obtenant, l’autorisation de Bruxelles d’étiqueter le lait et ses dérivés par l’insertion d’informations sur le pays de traite, d’emballage et de transformation. Toutefois… bien que le décret obligeant ces mentions ait été signé par les ministres des Politiques agricoles et du Développement économique, Maurizio Martina et Carlo Calenda, la disposition n’est toujours pas parue au journal officiel un mois plus tard.

Cet aspect n’est absolument pas négligeable, car la disposition ne prendra effet que quatre-vingt-dix jours après la publication du décret au journal officiel. De ce fait, plus le décret tarde à être officialisé, plus l’obligation d’étiquetage tarde à entrer en vigueur et plus les sanctions en cas d’infraction sont repoussées.

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L’Italie fait pourtant face à un problème majeur, car deux jambons sur trois vendus comme italiens en Italie, tout comme trois briques de lait longue conservation sur quatre, proviennent en réalité d’élevages situés à l’étranger. Aujourd’hui, l’indication de la provenance n’est obligatoire en Italie que sur le lait frais, et l’étiquette ne précise pas le pays d’origine du lait pour les fromages non régis par une AOP ou pour les dérivés du lait. On peut ainsi se retrouver à acheter une mozzarella italienne issue de lait ou de caillé provenant d’autres pays européens, sans que cela ne soit mentionné sur l’étiquette, car la loi ne dit rien à ce sujet.

Pour vous faire une idée, l’Italie importe chaque jour 24 millions de litres d' »équivalent lait » répartis entre citernes de lait pur, semi-transformé, fromage, caillé et poudre de caséine destinés à être emballés ou transformés industriellement et devenir comme par magie mozzarellas, fromages ou lait, à l’insu du consommateur (données Coldiretti).

Le moment semble plus que choisi pour suivre l’exemple de la France, comme le demandent 96,5% des citoyens selon l’enquête publique en ligne (à laquelle ont participé 26 000 personnes) concernant l’étiquetage des produits agroalimentaires, à l’initiative du ministère des Politiques agricoles.

Slow Food a toujours insisté sur la nécessité d’adopter des dispositions qui régulent et rendent obligatoire une plus grande transparence des étiquettes. Pourtant, la Commission européenne reste sourde aux demandes des citoyens (et du bon sens) qui attendent des indications claires en matière d’origine. Elle continue en effet de préférer l’indication volontaire de l’origine à son obligation au niveau communautaire, privilégiant ainsi les intérêts des grands lobbies industriels à ceux des consommateurs.

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