Du Burkina Faso à l’Italie : une autre intégration est possible.

04 Août 2015

fondazioni_africa_slowfood

Leurs points communs? Etre originaire de la province du Boulgou (Sud du Burkina Faso) et leur volonté d’établir des liens entre le Burkina Faso et l’Italie à travers leurs associations respectives. Comment ? Grâce aux jardins potagers et à l’agriculture durable.

« Avec mon association Mani Solidali en Italie, nous envoyons d’ordinaire au Burkina Faso des containers de vêtements, de chaussures, ou encore de matelas usagés », raconte Florent. « Il n’y a plus un enfant pieds nus aux fêtes du village ! Et avec les jardins, nous apporterons à nos frères la conscience, la valorisation des ressources déjà présentes sur leur territoire, et l’appartenance au réseau de Slow Food au Burkina Faso. Et puis tout le monde pourra manger le gombo, l’ail et la tomate qu’ils auront cultivé ! ».

Lorsque nous abordons le sujet de la biodiversité alimentaire, Alexis de l’association Somefi, confirme la disparition de certains aliments, mais aussi des savoirs : « nos mères et nos grands-mères connaissent des plantes et des recettes incroyables, mais elles les gardent pour elles et refusent de livrer leurs secrets! Nous devons faire comprendre l’importance du partage des connaissances ! » Un produit en risque d’extinction lui vient alors à l’esprit: « chez nous on mange un insecte, le Totobi, on ne le trouve presque plus et il pourrait monter sur l’Arche du Goût. »

C’est ainsi que le groupe, motivé et dynamique, multiplie les questions et les propositions pour impulser le changement, ici et là-bas. Mahamoudou, de l’association Sabtenga, ajoute: « nous savons d’où nous venons, mais nous ne savons pas encore où nous allons. Valoriser la culture burkinabée depuis l’Italie, en lien permanent avec le village d’origine, donne un sens. Et puis au village toutes les actions pour la collectivité ont une résonance politique alors que nous, étant hors du pays, nous sommes plus libres. »

Au cours des discussions les « racines » sont fortement présentes, et tous regrettent le manque de conscience par les burkinabés de leurs richesses et de leur patrimoine. A commencer par eux-mêmes. Bambara Stanislas, père de 2 enfants, a quitté le pays il y a 12 ans en espérant trouver plus d’opportunités en Italie : “plus jeune j’étais enseignant, mais j’ai voulu venir en Europe par goût pour l’aventure. Si j’avais su… J’ai souffert, je n’ai pas bien réussi à m’intégrer, mais ce n’est pas encore l’heure de rentrer. A travers notre association Song-Taaba –Adesib je veux aider les migrants burkinabés à mieux vivre, faire connaitre notre culture aux italiens, mais aussi être fier de mes racines. Au pays ils doivent eux aussi comprendre tout ce qu’ils peuvent faire !»

La rencontre, qui marque le point de départ pour la création de six nouveaux jardins potagers communautaires dans la province du Boulgou (d’ici 2015), s’est déroulée dans le cadre du projet des Fondations for Africa – Burkina Faso. Cette initiative pour le droit à la nourriture est promue par 28 Fondations d’origine bancaire associées à ACRI, en collaboration avec la Fondation Slow Food pour la biodiversité, ACRA-CCS, CISV, LVIA, MANI TESE et CeSPI, avec l’implication de 27 associations de migrants burkinabés en Italie.

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