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La Prud'homie des patrons pêcheurs de Sanary sur Mer réagit à la PCP


01/10/11

La Prud'homie de Sanary sur Mer, qui fait aussi partie du réseau de Terra Madre, représente la pêche artisanale de son secteur. Elle règlemente l'utilisation de la ressource locale et défend les interêts de la petite pêche.

 

"Suite au projet de réforme de la PCP rédigé par la Commission, nous n'entrons pas dans le modèle préconisé par la Commission, tout comme les ¾ de la flottille européenne qui est artisanale. Ce modèle basé sur une gestion par quotas, droits de pêche individuels transférables, organisations de producteurs (OP) et gestion par pays ou par grand bassin convient probablement à la flotte industrielle.

 

La définition de la pêche industrielle, au sens de la Commission, n'est pas réaliste puisque des
bateaux de 6 m exerçant la drague sont définis comme étant « industriels ». D'un autre côté, nous ne sommes pas à l'abri de flottilles de -12m, gérées par un seul armement et venant écumer en quelques jours nos eaux prud'homales gérées avec sagesse, et depuis de longues années, par nos Prud'homies.

 

La privatisation de la ressource par les armements industriels n'est pas pour nous une garantie de bonne gestion économique, sociale et environnementale mais uniquement un moyen de concentrer l'effort de pêche aux mains de quelques armements.
Afin de préserver nos flottilles de cette concentration, nous demandons à ce que la définition du segment industriel soit la suivante : « Bateau de plus de 12 m et dont l'armateur n'est pas le patron pêcheur embarqué, sans limite d'action au large ».

 

Par ailleurs, notre gestion prud'homale repose sur la pratique alternative et peu intensive d'engins sélectifs et diversifiés afin de répartir dans le temps et dans l'espace l'effort de pêche sur les différentes espèces et zones de pêche. Une gestion par quota, par engin ou par espèce limite notre éventail de pratiques, désorganise notre gestion et déséquilibre les écosystèmes sur lesquels nous travaillons.

 

Nous demandons donc que les politiques mises en oeuvre soient suffisamment souples pour pouvoir intégrer notre mode de gestion qui a fait ses preuves depuis plusieurs siècles.

 

Nos apports sont vendus pour la plupart en direct sur le marché local. Nos volumes ne justifient pas la mise en place d'OP. Nous contraindre à payer un pourcentage à une lointaine OP uniquement pour obtenir un quota, comme c'est déjà la cas pour le thon rouge aujourd'hui, est particulièrement injuste...


Enfin, nos plans de gestion locaux représentés par les gestions prud'homales doivent pouvoir
s'inscrire dans la gestion européenne sans être « noyés » dans des plans de gestion à grande échelle, conçus pour l'industrie.

Il est à noter ce projet de réforme ne fait aucune allusion à la qualité de l'eau ou à la protection des territoires de pêche. L'impact des pesticides et autres polluants sur le plancton, base de la chaîne alimentaire, nous paraît très préoccupant.

Concernant les zones littorales, elles sont aujourd'hui convoitées par de nombreux acteurs sans que les conditions d'exercice de la pêche artisanale ne soient clairement prises en compte. Ainsi, nous sommes très préoccupés par le projet de Parc national des Calanques qui prévoit de mettre en réserve plus de 4200 ha, sur une zone où le plateau continental est très réduit et sur l'un des rares sites de pêche que nous ayons.

Ce projet répond à des objectifs de pourcentages (10% des zones marines) sans considération de l'étendue du plateau et donc de notre territoire de pêche. Cela représente, pour certains d'entre nous, un cinquième de nos zones de pêche (voire la moitié selon le port d'embarquement).

 

Par la présente, nous espérons alerter nos élus et nos responsables politiques afin qu'ils puissent défendre l'avenir d'une petite pêche qui ne se caractérise pas par ses apports massifs mais par sa forte contribution au développement régional."

 

Jean-Michel Cei
Premier Prud'homme



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