Slow Food
   

L'Union européenne les invite en Espagne, la police française les séquestre trois jours et les renvoie au Kenya


20 Dec 11

Deux producteurs kenyans, Ambrose Kakuko et Grace Kapserum, ont été arrêtés vendredi 16 décembre à l'aube à l'aéroport Charles de Gaulle de Paris par la police aux frontières puis détenus dans un centre pour immigrés jusqu'au dimanche 18 dans l'après-midi et finalement renvoyés dans leur pays. Les deux membres de la Sentinelle Slow Food étaient en correspondance à Paris entre Nairobi, au Kenya, et Bilbao, en Espagne. Ils étaient en possession de passeports, de visas en règle et de documents qui attestaient qu'ils avaient été invités par la Ville de Bilbao et par Slow Food International et que les dépenses relatives à leur voyage et à leur séjour étaient entièrement prises en compte.

 

MM. Kakuko et Kapserum auraient dû prendre part à AlGusto, une manifestation gastronomique qui représentait l'un des quatre événements prévus dans le cadre du projet 4Cities4Dev, financé par l'Union européenne. La Ville de Bilbao est en effet l'un des partenaires du projet aux côtés de la Ville de Turin en qualité de partenaire principal, de Slow Food ainsi que des villes de Tours (France) et Riga (Lettonie).

Les quatre villes, en adoptant les communautés de la nourriture d'Afrique transsaharienne par le biais d'organismes consacrés à la coopération, sensibilisent les citoyens européens sur la consommation responsable et sur les conséquences de leur comportement alimentaire.

 

« Il est honteux que deux personnes engagées activement dans leur pays, qui jouent un rôle direct de sauvegarde de la biodiversité et des traditions alimentaires locales, soient arbitrairement arrêtées et, de fait, séquestrées. Grace Kapserum quittait son pays pour la première fois de sa vie, et tous deux étaient enthousiastes à l'idée de participer à une manifestation consacrée au partage d'expériences et à l'échange de cultures. Au lieu de ça, ils ont été brutalement confrontés à la fermeture d'esprit, à l'intolérance et aux préjugés. » a déclaré Carlo Petrini, président international de Slow Food. « Il est également paradoxal que l'Union européenne voie réduits à néant des efforts et des ressources destinés à renforcer la coopération internationale à cause de l'attitude intransigeante de fonctionnaires, dont le zèle dans l'application des lois risque de s'apparenter à une véritable discrimination raciale. »

 

Pour en savoir plus sur la Sentinelle du yaourt des Pokot à la cendre

www.slowfoodfoundation.org